Minecraft, Valorant, Candy Crush : l’UE s’attaque aux monnaies virtuelles de 11 jeux vidéo

L’Union européenne a lancé, mercredi 30 septembre 2026, une action coordonnée contre neuf éditeurs de jeux vidéo — dont Mojang (Minecraft), Riot Games (Valorant), King (Candy Crush Saga), Supercell (Clash of Clans) et Ubisoft (For Honor) — accusés de masquer le vrai prix de leurs microtransactions derrière des monnaies virtuelles. Pilotée par le réseau CPC des autorités de protection des consommateurs, avec la coordination de la Commission européenne, l’offensive vise 11 jeux au total en comptant l’action distincte qui cible Activision Blizzard pour Diablo Immortal et Call of Duty Mobile. Exigence centrale : afficher le prix en euros, pas seulement en gemmes, pièces ou V-points.

En bref #

  • 9 sociétés visées par l’action coordonnée annoncée le 30 septembre, plus Activision Blizzard dans une procédure distincte : 11 jeux au total dans le viseur.
  • Reproche n°1 : les monnaies virtuelles (empilées, vendues par paquets inadaptés) masquent le coût réel en euros des objets achetés.
  • Droit de rétractation de 14 jours : Bruxelles rappelle qu’il s’applique à la monnaie virtuelle achetée mais non dépensée.
  • Pas d’amende à ce stade : un dialogue s’ouvre ; sans mise en conformité, les autorités nationales pourront engager des mesures d’exécution.

Qui est visé, et pour quels jeux ? #

La liste publiée par la Commission européenne nomme précisément les entités légales concernées — un détail qui compte, car c’est la filiale européenne qui devra répondre, pas la maison mère :

Société Jeu examiné
Mojang AB (Microsoft) Minecraft
Riot Games Limited Valorant
King.com Limited Candy Crush Saga
Supercell Oy Clash of Clans
Ubisoft EMEA SAS For Honor
Crytek GmbH Hunt: Showdown 1896
InnoGames GmbH Forge of Empires
Plarium Europe Mech Arena
PLR Worldwide Sales Limited (Playrix) Gardenscapes

S’y ajoute une action distincte contre Activision Blizzard UK, portant sur Diablo Immortal et Call of Duty Mobile. Au total, 11 jeux font donc l’objet d’un examen — du free-to-play mobile au FPS compétitif, en passant par le jeu le plus vendu de l’histoire, Minecraft.

À lire GTA 6 : 12 images inédites le 29 septembre, précommandes de 50 à 79,99 € — ce que votre budget doit prévoir

Ce que Bruxelles reproche concrètement aux éditeurs #

Le réseau CPC avait publié dès mars 2025 des « principes clés » sur les monnaies virtuelles en jeu, accompagnés d’une première action contre Star Stable Online. Dix-huit mois plus tard, le constat des régulateurs est que le dialogue avec l’industrie n’a pas suffi. Les griefs listés :

  • Prix masqué : l’objet coûte 1 500 gemmes, les gemmes se vendent par paquets de 1 000 ou 2 740 — impossible de savoir d’un coup d’œil combien d’euros part réellement de votre compte.
  • Conversions empilées : certains jeux superposent plusieurs monnaies intermédiaires, ce qui brouille encore le calcul.
  • Soldes résiduels inutilisables : les paquets sont calibrés pour qu’il reste toujours un reliquat, incitant à racheter.
  • Information précontractuelle lacunaire et conditions générales jugées incompréhensibles pour un consommateur moyen.
  • Deux clauses considérées comme abusives : celle qui autorise l’éditeur à modifier unilatéralement la valeur de sa monnaie, et celle qui permet de fermer un compte sans voie de contestation.
  • Protection des mineurs insuffisante, alors que Candy Crush, Clash of Clans ou Minecraft comptent énormément de jeunes joueurs.

Michael McGrath, commissaire européen chargé de la protection des consommateurs, a résumé l’esprit de la démarche en rappelant qu’environ un Européen sur deux joue aux jeux vidéo et que l’industrie doit garantir des règles du jeu loyales, en particulier pour les enfants.

Et moi, concrètement : qu’est-ce qui change ? #

Aujourd’hui, rien ne change dans vos jeux. L’action du 30 septembre ouvre une phase de dialogue : les éditeurs doivent répondre aux autorités et proposer des correctifs. Mais si la procédure va au bout, voici ce que vous pourriez voir arriver :

  • Le prix en euros affiché à côté de chaque objet ou pack, et plus seulement un montant en monnaie maison.
  • Le remboursement de la monnaie achetée et non dépensée, au titre du droit de rétractation de 14 jours prévu par le droit européen de la consommation.
  • Des paquets de monnaie mieux calibrés, pour ne plus vous laisser systématiquement 260 gemmes orphelines au fond du compte.

Pour les parents, c’est le volet le plus important depuis longtemps : trois des jeux visés figurent parmi les plus joués par les enfants en Europe. Si le sujet vous concerne, notre guide Les V-bucks, c’est quoi ? Le guide pour les parents explique déjà comment fonctionnent ces monnaies — et notre dossier Free-to-play : c’est vraiment gratuit ? détaille les mécaniques d’incitation pointées par Bruxelles.

À lire Acheter, partager, revendre ses jeux vidéo : le guide des questions qu’on se pose

Pas d’amende… pour l’instant #

Attention à ne pas sur-interpréter : il ne s’agit ni d’une condamnation, ni d’une amende européenne. Le réseau CPC constate des pratiques « susceptibles d’enfreindre » le droit de la consommation de l’UE et engage un dialogue formel avec chaque société. C’est en cas d’échec de cette phase que les autorités nationales — la DGCCRF en France — pourraient passer aux mesures d’exécution, avec des sanctions définies par le droit de chaque État membre.

Le signal envoyé reste fort : après l’ère du jeu à prix fixe, l’économie du jeu vidéo s’est déplacée vers la boutique in-game, et c’est désormais là que le régulateur regarde. Les dépenses des joueurs ne se limitent d’ailleurs plus au jeu lui-même : entre les abonnements, les passes de combat et des objets de collection comme l’édition collector de GTA 6 affichée à 399,99 € sans le jeu, le budget gaming explose bien au-delà des 80 € du jeu de base.

Mini-FAQ #

Fortnite et ses V-bucks sont-ils concernés ?

Non, Epic Games ne figure pas dans la liste du 30 septembre 2026. Les neuf sociétés visées sont Mojang, Riot Games, King, Supercell, Ubisoft EMEA, Crytek, InnoGames, Plarium et Playrix (PLR Worldwide Sales), plus Activision Blizzard dans une action distincte. Mais les « principes clés » du réseau CPC s’adressent à tout le secteur : une mise en conformité générale ferait évoluer toutes les boutiques in-game.

Puis-je me faire rembourser ma monnaie virtuelle non dépensée ?

C’est précisément l’un des points du bras de fer : pour Bruxelles, le droit de rétractation de 14 jours du droit européen s’applique à la monnaie virtuelle achetée mais non utilisée. Dans la pratique, les éditeurs l’écartent souvent via leurs conditions générales — l’une des clauses contestées. Tant que la procédure n’a pas abouti, le remboursement reste au bon vouloir de chaque boutique.

À lire Console d’occasion : comment la tester avant d’acheter ?

Quand les changements pourraient-ils arriver dans les jeux ?

Aucun calendrier officiel n’a été publié. La procédure CPC prévoit d’abord les réponses des éditeurs et une négociation sur les correctifs ; seuls les refus persistants déboucheraient sur des mesures nationales. Le précédent des actions CPC passées (réseaux sociaux, compagnies aériennes) suggère des évolutions étalées sur plusieurs mois, voire davantage.

À retenir #

  • Le 30 septembre 2026, le réseau CPC coordonné par la Commission européenne a engagé une action contre 9 éditeurs (11 jeux avec l’action séparée visant Activision Blizzard) sur leurs monnaies virtuelles.
  • Exigences clés : prix réel en euros affiché, fin des conversions opaques et des reliquats forcés, rétractation 14 jours sur la monnaie non dépensée, CGU lisibles, protection renforcée des mineurs.
  • Pas de sanction immédiate : dialogue d’abord, mesures nationales ensuite si les éditeurs ne bougent pas.
  • Sources : Commission européenne — actions coordonnées CPC ; TheGamer — EU action over microtransactions.

gamekotation.fr est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Acheter & revendre ses jeux